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La petite navette Dream Chaser peut enfin voler, mais pour qui ?

Après plus de vingt ans de développement et une solide collection de reports, la navette Dream Chaser devrait décoller à la fin de l’année. Son premier vol se fera toutefois sans passage par la Station spatiale internationale, la NASA ayant largement revu ses plans.

Dream Chaser est presque prêt à quitter le plancher des vaches. Baptisé Tenacity, le premier exemplaire opérationnel de la petite navette spatiale de Sierra Space se trouve actuellement dans l’usine de l’entreprise, à Louisville, dans le Colorado.

Ça cale au décollage

Les équipes doivent encore terminer la pose des protections thermiques, effectuer des essais intégrés du véhicule et de son logiciel, puis installer la charge utile de la première mission. Si tout se passe comme prévu, l’appareil retournera ensuite en Floride pour être installé au sommet d’une fusée Vulcan Centaur de United Launch Alliance (ULA).

Le décollage reste officiellement prévu pour la fin de l’année. Une fenêtre à prendre avec quelques précautions : Dream Chaser devait déjà voler en 2021, et son calendrier a été repoussé à plusieurs reprises. Dream Chaser devait initialement ravitailler la Station spatiale internationale. En 2016, la NASA avait même commandé au moins sept missions à Sierra Space, aux côtés des capsules Cargo Dragon de SpaceX et Cygnus de Northrop Grumman.

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© Sierra Space

Mais le temps a passé, et l’ISS doit prendre sa retraite en 2030. En septembre 2025, la NASA et Sierra Space ont donc modifié leur contrat. L’agence américaine n’est plus obligée de commander le moindre vol de ravitaillement à Dream Chaser. La mission inaugurale, SSC Demo-1, sera finalement une démonstration en solitaire. Tenacity sera placé en orbite basse, y effectuera ses opérations sans rejoindre l’ISS, puis reviendra sur Terre. La navette doit se poser sur une piste de la base militaire de Vandenberg, en Californie, et non au centre spatial Kennedy comme prévu à l’origine.

Sierra Space assure avoir terminé les principales vérifications nécessaires au lancement, dont les essais acoustiques reproduisant les conditions particulièrement agitées d’un décollage. Après ce premier vol, le programme avance dans le brouillard. Sierra Space espère proposer Dream Chaser aux futures stations spatiales commerciales, qui auront besoin de transporter du matériel et de ramener sur Terre des expériences ou des échantillons.

L’entreprise regarde aussi de plus en plus franchement du côté du Pentagone. La navette peut emporter des charges pressurisées ou non, manœuvrer en orbite et atterrir sur une piste, avec des contraintes plus faibles qu’une capsule lors du retour. De quoi permettre une récupération et une analyse rapides de sa cargaison.

Dream Chaser pourrait ainsi servir de banc d’essai technologique, de véhicule logistique ou encore de plateforme pour certaines opérations militaires. L’armée américaine exploite déjà une navette spatiale sans équipage, le X-37B de Boeing, et pourrait apprécier une seconde option.

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